Tu n’es, n’as jamais été ni seras jamais seul (Article)
Minuto a Minuto

 

30 mai 2022

 

Je m’emmène toujours avec moi-même et je porte ce que j’aime. Je ne suis jamais seule.
Ixchel Pérez Hernández.


Au-delà du style de vie que l’on mène et des croyances que l’on ait, du moins une fois dans la vie on a tous eu le sentiment ou la pensée de nous trouver seuls ou abandonnés.

De nos jours nous vivons dans une société où on a tendance à penser que le bonheur et le bien être personnels ne se trouvent que dehors : soit parce que l’on a une certaine quantité de followers dans les réseaux sociaux, soit parce que l’on a trouvé un nouveau job ou même parce que l’on a un partenaire stable. On crée par là une instabilité, une dépendance émotionnelle et une déconnection de nous-mêmes.

 

Qu’est-ce que je veux bien dire par là?

Il y a une semaine j’ai eu une expérience que je porterai toujours avec moi. Je vais la partager avec vous.

J’ai fait un voyage sans compagne pour la première fois à un lieu tout à fait différent de mon pays natal, où on parle une autre langue, où il y a une autre idéologie, et séparée de mon pays par beaucoup d’heures de vol. Cela m’a poussée à sortir de ma zone de confort et bien sûr à faire une réflexion, à trouver du courage et à me connaître moi-même.

Je m’y suis complètement investie. Depuis la capacité de jouir de chaque moment jusqu’à l’incertitude de me lancer vers l’abîme de l’inconnu. Il faut trouver le juste milieu entre les émotions et les pensées d’une part et la tranquillité et la paix intérieure de l’autre. Détrompez-vous: je ne parle pas de refouler l’avalanche d’émotions qui nous hantent.

Il s’agit plutôt d’éveiller une plus grande sensibilité vis-à-vis de la conscience intérieure au moyen de la respiration, ce qui donne une grande opportunité de se renouveler et d’être sur la même longueur d’onde de son “moi avec le dehors”.

Cette expérience m’a permis de revaloriser et d’évaluer mon parcours dans la méditation et dans la recherche intérieure.

Pendant ces semaines j’ai éprouvé l’éveil de la conscience intérieure au moyen du mouvement et de la respiration, c’est-à-dire la grande opportunité de se renouveler et d’être sur la même longueur d’onde de “mon moi avec le dehors”. Lorsque l’on travaille sans arrêt sur nous-mêmes, on se rend compte que si nous sommes à l’aise avec nous-mêmes, tout le reste peut changer. On réalise que, au-delà de nos corps et de ce que nous pouvons saisir à travers nos sens, il y aura toujours quelque chose d’autre. Il s’agit d’une recherche.

J’ai été bien loin de ma patrie et de mes êtres chers, sans mon pays natal et éloignée de ma culture, mais cet éloignement a ouvert les yeux de mon dedans, qui se déplacent toujours avec moi et du coup je sais que je ne serai jamais seule au sens de l’abandon ou de la solitude.

En effet, je m’emmène toujours avec moi-même et je porte toujours donc ce que j’aime.

Je ne suis, n’ai été ni ne serai jamais seule. Je vous l’assure.

(Traduction de Viviana Ackerman) 
Ixchel Pérez Hernández (Instagram: @ixchelsjourney) est polyglotte, historienne de l'art, mélomane et professeur de langues. Elle a étudié la diplomatie, les droits humains et la géopolitique.